Une exposition particulièrement se tient actuellement à la Plate-forme, située dans l'ancien Musée de Peinture de Grenoble : Novarina, un architecte dans son siècle. Un hommage riche et documenté à cet architecte qui laisse des traces importantes dans le développement de Grenoble à l'occasion des Jeux Olympiques de 1968. Le Village Olympique, la mairie ou bien encore le quartier Malherbe sont autant de preuves du modernisme de ce créateur. Mais la scénagraphie ne s'arrête pas à un inventaire régional car elle nous resitue le travail de Maurice Novarina dans son époque, insistant sur ses goûts dans le domaine des arts plastiques et un certain attachement à la construction de bâtiments religieux.
A cette occasion, Hamid Debarrah, dont j'ai eu l'occasion, sur ce blog (et plus précisémment ICI), de souligner la qualité du travail, propose son regard sur deux quartiers grenoblois : Vigny-Musset et le Village Olympique, via une exposition, "VO-VM. Fragments improbables". Une vingtaine d'images noir et blanc sur lesquelles j'ai écrit le texte suivant.
"Je vais finir par aimer les
projets d'urbanisme
Au départ, ils ont tout pour
susciter ma méfiance et mon mépris. Des
termes qui annoncent éhontémment la cure de jouvence d'un quartier, d'un lieu
ou d'un paysage. Des sigles peaux de
chagrin qui en trois lettre vous définissent l'identité d'une ville. Plus de
Pos, voilà un Plu… Et puis quoi encore ? "Pensée simpliste et
réactionnaire qui dissimule une conception archaïque de la ville" me
direz-vous ? Point du tout : la
nostalgie n'est pas mon domaine et la transformation de mon lycée en siège
départemental de la DDE ne m'a produit aucune émotion. Si…. De la joie, peut
être ?
Non, mon problème avec les
nouvelles constructions, les nouveaux quartiers est tout autre : ma place et
par extension celle de tout le monde dans un
cadre, une structure définis par des études, des réunions de concertation, des schémas, des
prérogatives, des logiciels de CAO, des
politiques de la ville…. Bref, un tas d'intermédiaires qui semblent destinés à anticiper les besoins
de chacun au nom d'une certaine logique déshumanisée.
Heureusement, cette logique de cité idéale ne dure qu'un
temps et, dés que les travaux
commencent, l'humain vient reprendre le dessus, comme nous le montrent les photos
d'Hamid Debarrah. Des lignes, des formes géométriques que les nouveaux
matériaux tendent à restituer le plus fidèlement possible un plan qui s'est renforcé après moult appels d'offres et
commissions. Et pourtant, d'autres angles de vue se dévoilent peu à peu, ainsi
que des nouveaux parcours, de nouvelles curiosités. Le photographe vient ici
nous proposer un cheminement possible dans un quartier en cours d'achèvement. Faussement détaché, il nous donne à
voir des images, même parmi les plus frontales, qui font basculer la rigidité et la géométrie résumée
jusqu'alors à des angles et des droites. Peu à peu son regard nous propose une
invitation au paysage, étonnant processus où la planification disparaît dans
l'anecdotique, l'incident, l'investigation poétique. C'est peut être ça un
projet d'urbanisme réussi."
Exposition "Maurice Novarina, un architecte dans son siècle"
Du 9 janvier au 8 mars 2008
Entrée libre du mercredi au samedi de 13 h à 19 h
Plateforme - ancien musée de peinture - place de Verdun - Grenoble.
"VO-VM. Fragments improbables"
Exposition photographique d'Hamid Debarrah
Du 9 janvier au 8 mars 2008
Plateforme - ancien musée de peinture - place de Verdun - Grenoble.
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