Quand j'ai accompagné Michel Petrucciani
... à l'aéroport de Lyon Satolas en mars 1989. La veille de ces prises de vue, il avait donné un concert magique et captivant, en trio, dans ce qui n'était plus la Maison de la Culture de Grenoble et pas encore la MC2, c'est à dire le Cargo. Une salle pleine à craquer et un public transporté par la présence scénique de ce pianiste exceptionnel, capable de faire partager sa jubilation à jouer et bluffant par ses impressionnantes qualités de musicien et de compositeur. Un concert sans économie de talent et d'émotion, mené par un appétit de créativité que rien ne semblait pouvoir rassasier.
Chauffeur bénévole pour le Grenoble Jazz Festival, je goûtais le plaisir de pouvoir conduire à travers Grenoble, depuis l'hôtel jusqu'aux lieux de concerts des géants du jazz que j'admirais, comme Chick Corea, John Mc Laughlin et...Michel Petrucciani. Les accompagner le temps d'un trajet, parler et prendre quelques photos.
Le lendemain du concert, Michel Petrucciani devait décoller très tôt pour poursuivre sa tournée qui le conduisait en Allemagne. Nous sommes donc arrivés aux aurores dans un aéroport qui débutait à peine sa journée.
La première préoccupation du manager fut de demander une chaise roulante pour Petrucciani qui se déplaçait difficilement. Au bout d'un quart d'heure, un agent d'accueil, qui n'avait d'accueil que le titre probablement obtenu à l'ancienneté, revint avec un caddy pour bagages, et, face à notre étonnement, eut cet argument imparable : "Je n'ai trouvé que ça !". Le tempérament de gamin de Petru l'emporta et ce dernier saisit l'occasion pour taquiner et se moquer. Juché sur ce véhicule de fortune que poussait son manager, il s'amusa, durant tout le trajet qui le menait au comptoir d'enregistrement, à écarter les bras et à crier : "Regardez, je suis le monstre qui vole !", accompagné des quelques "Bouh !" pour effrayer et réveiller les passants qu'il croisait.
La postérité lui a donné raison sur ce point : il était et reste bien un monstre... sacré !









Pour taquiner et se moquer, il saisit ça sûrement comme une erreur de saisie...
Rédigé par: | le 31/01/2008 à 18:21
aïe, aïe...En plus je l'avais vu à la relecture et j'étais persuadé de l'avoir corrigé. Damned...
Rédigé par:RC38 | le 31/01/2008 à 18:26